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20 Superstitions Japonaises : Croyances, Chiffres et Tabous

Le Japon est un pays où superstitions anciennes et vie moderne coexistent naturellement. Des chiffres maudits aux gestes quotidiens, ces croyances façonnent l’architecture, les coutumes et même le packaging des produits. Certaines sont ancrées dans le shinto, d’autres dans le bouddhisme, d’autres encore dans le bon sens populaire.

Les 20 superstitions japonaises en un coup d’œil

Superstition Catégorie Fortune Protection / Remède
Le chiffre 4 (shi, 四) Chiffres Mauvaise Dire « yon » au lieu de « shi »
Le chiffre 9 (ku, 九) Chiffres Mauvaise Dire « kyuu » au lieu de « ku »
Le chiffre 7 (nana, 七) Chiffres Bonne
Le chiffre 8 (hachi, 八) Chiffres Bonne
Couper ses ongles la nuit Gestes Mauvaise Couper ses ongles le matin
Siffler la nuit Gestes Mauvaise S’abstenir après le coucher du soleil
Dormir la tête vers le nord Gestes Mauvaise Orienter le futon vers l’est ou le sud
Écrire un nom en rouge Gestes Mauvaise Utiliser du noir ou du bleu
Se cacher le nombril pendant l’orage Gestes Mauvaise Couvrir son ventre avec les mains
Pointer la lune du doigt Gestes Mauvaise Admirer sans pointer
Planter ses baguettes dans le riz Table Mauvaise Poser les baguettes sur le hashioki
Passer la nourriture de baguettes en baguettes Table Mauvaise Poser dans l’assiette de l’autre
Le thé avec une tige qui flotte Table Bonne
Offrir 5 yen (go-en, ご縁) Table Bonne
Le Maneki Neko Porte-bonheur Bonne
Le Daruma Porte-bonheur Bonne
Les omamori Porte-bonheur Bonne
Le sel purifie Porte-bonheur Bonne
Le grand nettoyage du 31 décembre Porte-bonheur Bonne
Les 1000 grues en origami Porte-bonheur Bonne

Les superstitions japonaises liées aux chiffres

1. Le chiffre 4 (shi, 四) — L’homophone de la mort

Au Japon, le chiffre 4 est considéré comme le nombre le plus malchanceux de la culture japonaise. La raison est linguistique : « shi » (四), la prononciation sino-japonaise du chiffre 4, est un homophone parfait de « shi » (死), le mot qui signifie « mort ». Cette superstition a des conséquences concrètes dans la vie quotidienne. Les hôpitaux japonais n’ont généralement pas de chambre 4, ni de 4e étage. De nombreux immeubles passent directement du 3e au 5e étage dans leur numérotation. Les sets de vaisselle, les coffrets cadeaux et les emballages de produits alimentaires évitent systématiquement le nombre 4 : on vend par lots de 3 ou de 5, jamais de 4. La prononciation alternative « yon » est préférée dans la conversation courante pour éviter toute connotation funèbre.

Astuce : Nos coffrets de bols japonais sont toujours en lots de 3 ou 5, jamais 4 — fidèles à la tradition.

2. Le chiffre 9 (ku, 九) — L’homophone de la souffrance

Au Japon, le chiffre 9 est considéré comme un nombre porte-malheur en raison de sa prononciation. « Ku » (九), la lecture sino-japonaise du chiffre 9, est un homophone de « ku » (苦), le mot qui signifie « souffrance » ou « douleur ». Cette association phonétique rend le chiffre 9 indésirable dans de nombreux contextes. Les hôpitaux évitent la chambre 9 tout comme la chambre 4. Les cadeaux ne se font jamais en lots de 9, surtout lors des mariages ou des célébrations. Certains immeubles suppriment également le 9e étage de leur numérotation. L’association 4-9 (shi-ku) est particulièrement redoutée car elle évoque littéralement « mort et souffrance ». La prononciation alternative « kyuu » est préférée dans la vie courante. Cependant, dans certains contextes, le 9 peut être positif : au Japon impérial, il symbolisait la longévité.

3. Le chiffre 7 (nana/shichi, 七) — Le chiffre du bonheur

Au Japon, le chiffre 7 est considéré comme un nombre porte-bonheur profondément ancré dans la culture religieuse et populaire. Cette croyance trouve ses racines dans le bouddhisme et le shintoïsme. Les Shichifukujin (七福神), les sept dieux du bonheur, sont parmi les divinités les plus vénérées du Japon : Ebisu, Daikokuten, Bishamonten, Benzaiten, Fukurokuju, Jurojin et Hotei. Le concept de « shippo » (七宝), les sept trésors bouddhiques, renforce l’aura sacrée de ce chiffre. Le rituel du 7e jour après la naissance (oshichiya) marque le moment où l’enfant reçoit officiellement son nom. Le festival Tanabata, célébré le 7 juillet (7/7), est l’une des fêtes les plus populaires du Japon. Le 49e jour après un décès (7 x 7) est une date bouddhique fondamentale. Le chiffre 7 est partout dans la culture japonaise comme signe de complétude et de bénédiction divine.

4. Le chiffre 8 (hachi, 八) — Le chiffre de la prospérité

Au Japon, le chiffre 8 est considéré comme un nombre extrêmement favorable qui symbolise l’expansion et la prospérité. La raison est visuelle : le kanji 八 s’élargit vers le bas, comme un éventail qui s’ouvre, évoquant un avenir qui s’étend et une richesse qui grandit. Cette forme est appelée « sue-hirogari » (末広がり), littéralement « qui s’élargit vers la fin ». Cette symbolique visuelle fait du 8 un chiffre recherché dans les affaires, l’immobilier et les cérémonies. Les plaques d’immatriculation contenant le chiffre 8 sont prisées et se vendent plus cher. Les prix se terminent souvent en 8 dans les commerces japonais. Le 8 août est considéré comme une date propice pour les mariages et les inaugurations. Les entreprises choisissent des adresses ou des numéros de téléphone contenant des 8 quand c’est possible. Combiné au 7, le duo 7-8 est considéré comme la séquence la plus chanceuse.

Les superstitions japonaises liées aux gestes du quotidien

5. Ne pas couper ses ongles la nuit — Le présage de la mort jeune

Au Japon, couper ses ongles la nuit est considéré comme un geste qui porte malheur et annonce une mort prématurée. Cette superstition repose sur un jeu de mots typiquement japonais. « Yotsume » (夜爪), qui signifie « ongles de nuit », se rapproche phonétiquement de « yo wo tsumeru » (世を詰める), une expression qui signifie « raccourcir sa vie ». Selon cette croyance, celui qui coupe ses ongles après le coucher du soleil ne sera pas présent au chevet de ses parents quand ils mourront. L’explication pratique est également logique : avant l’électricité, couper ses ongles dans l’obscurité risquait de provoquer des blessures et des infections. Cette superstition reste vivace aujourd’hui, même dans les foyers modernes bien éclairés. Beaucoup de Japonais continuent instinctivement à couper leurs ongles le matin ou en début d’après-midi, perpétuant une tradition vieille de plusieurs siècles.

6. Ne pas siffler la nuit — L’appel des créatures

Au Japon, siffler la nuit est considéré comme un acte imprudent qui attire des visiteurs indésirables. Selon la version la plus répandue, siffler après le coucher du soleil attire les serpents vers la maison. D’autres versions régionales affirment que le sifflement nocturne appelle les voleurs qui utilisaient autrefois des codes sifflés pour communiquer entre eux. La version la plus inquiétante prétend que siffler la nuit attire les yokai, les esprits et créatures surnaturelles du folklore japonais, ainsi que les fantômes errants qui cherchent une âme à suivre. Dans certaines régions du Japon, on croit spécifiquement que le vent nocturne transporte le sifflement jusqu’aux oreilles des tengu, ces démons ailés à long nez qui habitent les montagnes. L’explication rationnelle est simple : dans le Japon rural, le bruit attirait véritablement les serpents et signalait sa position aux brigands.

7. Ne pas dormir la tête vers le nord — La position des morts

Au Japon, dormir la tête orientée vers le nord est considéré comme un tabou majeur lié aux pratiques funéraires. Cette position, appelée « kita makura » (北枕, littéralement « oreiller du nord »), est réservée exclusivement aux défunts. Lors des veillées funèbres bouddhistes, le corps du mort est allongé avec la tête pointant vers le nord, en référence à la position dans laquelle le Bouddha Shakyamuni est mort (parinirvana). Reproduire cette position dans son sommeil revient symboliquement à imiter un cadavre et à inviter la mort dans son lit. Cette superstition est si profondément ancrée que les Japonais vérifient instinctivement l’orientation de leur lit dans les hôtels et les logements temporaires. Les agents immobiliers tiennent compte de cette croyance dans la disposition des chambres. Les orientations préférées sont l’est, qui symbolise le renouveau, et le sud, associé à la vitalité.

8. Ne pas écrire le nom d’un vivant en rouge — L’encre des morts

Au Japon, écrire le nom d’une personne vivante à l’encre rouge est considéré comme un geste grave qui porte malheur au destinataire. Cette superstition est directement liée aux pratiques funéraires japonaises. Traditionnellement, le nom d’un défunt est inscrit à l’encre rouge (shu, 朱) sur le registre familial (koseki) et sur les tablettes mortuaires bouddhistes (ihai). L’encre rouge est également utilisée pour graver les noms sur les pierres tombales avant le décès de la personne, le nom étant ensuite repeint en blanc ou en or après la mort. Écrire le nom d’un vivant en rouge revient donc symboliquement à le considérer comme déjà mort, ce qui est perçu comme une malédiction ou un très mauvais présage. Dans le milieu scolaire et professionnel, les enseignants et les managers utilisent du rouge pour les corrections, mais jamais pour écrire le nom complet d’un élève ou d’un collègue.

9. Se cacher le nombril pendant l’orage — Le dieu du tonnerre

Au Japon, se cacher le nombril pendant un orage est considéré comme une précaution nécessaire contre le dieu du tonnerre. Selon la légende, Raijin (雷神), le dieu shinto du tonnerre et de la foudre, adore manger les nombrils des enfants qui ne se protègent pas pendant les orages. Ce yokai terrifiant bat ses tambours dans les nuages pour créer le tonnerre et profite de la foudre pour descendre attraper les nombrils exposés. Les parents japonais disent encore aujourd’hui à leurs enfants « cache ton nombril ! » (おへそを隠して) dès qu’un orage gronde. L’explication rationnelle est ingénieuse : cacher son nombril signifie couvrir son ventre, ce qui évite de prendre froid. Les orages japonais s’accompagnent souvent de chutes de température brutales, et protéger son abdomen prévient les refroidissements. Cette superstition est donc un conseil de santé déguisé en légende, une méthode pédagogique typiquement japonaise.

10. Ne pas pointer la lune du doigt — La punition céleste

Au Japon, pointer la lune du doigt est considéré comme un geste irrespectueux qui entraîne une punition divine. Selon la croyance populaire, si vous pointez la lune du doigt, Tsukiyomi (月読), le dieu shinto de la lune, vous coupera l’oreille pendant votre sommeil en guise de châtiment. D’autres versions régionales prédisent que votre doigt sera coupé, ou que vos doigts deviendront crochus et ne pourront plus se redresser. Cette superstition reflète une valeur fondamentale de la culture japonaise : le respect envers les divinités et les éléments naturels. La lune occupe une place sacrée dans le shintoïsme, et pointer un objet sacré du doigt est un manque de respect dans de nombreuses cultures asiatiques. Le tsukimi (月見), la contemplation de la lune, est une tradition japonaise qui consiste à admirer la pleine lune d’automne avec révérence, en dégustant des dango (boulettes de riz) et en savourant la beauté du moment.

Les superstitions japonaises à table

11. Ne pas planter ses baguettes dans le riz — Le geste funéraire

Au Japon, planter ses baguettes verticalement dans un bol de riz est considéré comme l’un des faux pas les plus graves à table. Ce geste, appelé « tsukitate-bashi » (突き立て箸), reproduit exactement le rituel funéraire bouddhiste où l’on plante des bâtonnets d’encens dans un bol de riz offert à l’esprit du défunt. Cette offrande, appelée « makura-meshi » (枕飯, le riz de l’oreiller), est placée au chevet du mort pendant la veillée. Reproduire ce geste à table revient à invoquer la mort au milieu du repas, ce qui est considéré comme un très mauvais présage pour tous les convives. Même les enfants japonais apprennent très tôt à ne jamais planter leurs baguettes dans la nourriture. La bonne pratique consiste à poser ses baguettes sur le hashioki (repose-baguettes) ou en travers du bol quand on fait une pause pendant le repas.

En savoir plus : Comment utiliser les baguettes japonaises correctement

12. Ne pas passer la nourriture de baguettes en baguettes — Le rite des os

Au Japon, passer de la nourriture directement de baguettes en baguettes est considéré comme un tabou encore plus choquant que planter ses baguettes dans le riz. Ce geste, appelé « utsushi-bashi » (移し箸) ou « hiroi-bashi » (拾い箸), reproduit un rituel funéraire précis : après la crémation, les membres de la famille utilisent des baguettes spéciales pour transférer les os du défunt de personne en personne avant de les placer dans l’urne funéraire (kotsuage, 骨上げ). C’est le seul contexte dans lequel deux personnes manipulent le même objet avec des baguettes simultanément. Reproduire ce geste à table évoque instantanément la cérémonie de crémation et met les convives profondément mal à l’aise. Si vous souhaitez partager de la nourriture, la bonne pratique consiste à déposer le morceau dans l’assiette ou le bol de l’autre personne, jamais en transfert direct.

En savoir plus : Les règles d’étiquette à table au Japon

13. Le thé avec une tige qui flotte — Le signe de bonne fortune

Au Japon, trouver une tige de thé qui flotte verticalement dans sa tasse est considéré comme un excellent présage qui annonce une journée chanceuse. Ce phénomène porte le nom poétique de « chabashira » (茶柱), littéralement « pilier de thé ». Quand un petit morceau de tige de thé vert se retrouve dans la tasse et flotte à la verticale, les Japonais considèrent que c’est un signe de bonne fortune envoyé par les dieux. La superstition recommande de ne pas en parler aux autres sous peine de perdre la chance : il faut garder le secret et savourer ce moment en silence. L’explication scientifique est simple — la tige flotte grâce à une bulle d’air piégée à l’intérieur — mais cela n’enlève rien au plaisir de la découverte. Cette croyance est particulièrement vivace dans les régions productrices de thé comme Shizuoka, où le chabashira est accueilli avec un sourire complice au petit-déjeuner.

14. Offrir 5 yen au sanctuaire — La pièce de la destinée

Au Japon, offrir une pièce de 5 yen dans un sanctuaire shinto est considéré comme l’offrande la plus propice pour obtenir la faveur des dieux. La raison est un jeu de mots : « go-en » (五円), la prononciation de « 5 yen », est un homophone parfait de « go-en » (ご縁), un mot qui signifie « lien du destin » ou « connexion karmique ». Offrir 5 yen revient donc symboliquement à demander aux dieux de tisser un lien favorable avec vous. La pièce de 5 yen est d’ailleurs la seule pièce japonaise percée d’un trou en son centre, ce qui renforce sa dimension symbolique : on peut la porter en pendentif. Au sanctuaire, on jette la pièce dans la boîte à offrandes (saisen-bako), on sonne la cloche, on s’incline deux fois, on frappe deux fois dans ses mains, on formule son vœu en silence, puis on s’incline une dernière fois. Ce rituel est le « ni-hai ni-hakushu ichi-hai ».

En savoir plus : Différence entre temple et sanctuaire au Japon

Les porte-bonheur et protections japonaises

15. Le Maneki Neko protège les commerces — Le chat qui invite

Au Japon, le Maneki Neko est considéré comme le gardien protecteur des commerces et le porte-bonheur le plus reconnu du pays. Ce chat qui lève la patte pour « inviter » la fortune trouve sa place à l’entrée de presque tous les commerces japonais, des restaurants aux konbini, des boutiques de souvenirs aux salons de coiffure. La patte gauche levée attire les clients et les visiteurs, tandis que la patte droite levée attire l’argent et la prospérité financière. Chaque couleur apporte un type de chance spécifique : le doré attire la richesse, le blanc apporte le bonheur général, le noir protège contre les esprits malveillants, le rouge éloigne les maladies. Originaire de l’ère Edo (XVIIe siècle), le Maneki Neko est né selon la légende au temple Gotokuji à Tokyo, où un chat aurait sauvé un seigneur féodal de la foudre en lui faisant signe d’entrer dans le temple.

En savoir plus : Guide complet du Maneki Neko | Voir la collection

16. Le Daruma réalise les vœux — La persévérance incarnée

Au Japon, le Daruma est considéré comme le symbole ultime de la persévérance et de la détermination dans l’atteinte d’un objectif. Cette figurine ronde sans bras ni jambes est inspirée de Bodhidharma, le moine bouddhiste qui aurait médité pendant neuf ans face à un mur au point de perdre l’usage de ses membres. Le rituel est simple et puissant : on peint l’œil gauche du Daruma en formulant un vœu ou en fixant un objectif précis, puis on peint l’œil droit lorsque le vœu se réalise. Son centre de gravité bas lui permet de toujours se relever quand on le renverse, incarnant le proverbe « nana korobi ya oki » (七転び八起き) — « tomber sept fois, se relever huit ». Les politiciens japonais utilisent des Daruma géants lors des campagnes électorales, peignant le premier œil au lancement et le second en cas de victoire.

En savoir plus : Signification du Daruma japonais | Voir la collection

17. Les omamori protègent des malheurs spécifiques — Les amulettes sacrées

Au Japon, les omamori sont considérés comme des protections divines personnalisées contre des malheurs spécifiques. Ces petites amulettes en tissu brodé sont consacrées dans les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoïstes. Chaque omamori est dédié à un domaine précis : l’amour (en-musubi), la santé (kenko), la réussite scolaire (gakugyo), la sécurité routière (kotsu-anzen), la grossesse sereine (anzan) ou la protection en voyage (ryoko-anzen). La règle fondamentale est de ne jamais ouvrir le sachet sous peine de libérer la protection divine qu’il contient. On porte son omamori sur soi en permanence, accroché au sac, glissé dans la poche ou attaché au cartable. Les omamori se renouvellent chaque année lors du Nouvel An japonais : les anciens sont rapportés au temple pour être brûlés lors de la cérémonie du Dondo Yaki, et de nouveaux sont acquis pour l’année à venir.

En savoir plus : Voir la collection Omamori

18. Le sel purifie les lieux — Le pouvoir du shio

Au Japon, le sel est considéré comme l’agent purificateur le plus puissant du shintoïsme pour chasser les impuretés et les esprits malveillants. Cette croyance, appelée « shio-maki » (塩撒き), imprègne de nombreuses pratiques quotidiennes. Les lutteurs de sumo jettent du sel sur le dohyo (ring) avant chaque combat pour purifier l’arène et éloigner les blessures. Les restaurants et les commerces japonais placent de petits tas de sel coniques (morijio, 盛り塩) de chaque côté de leur entrée pour purifier l’espace et attirer les bons clients. Après avoir assisté à des funérailles, les Japonais se jettent du sel sur les épaules avant de rentrer chez eux pour ne pas ramener l’impureté de la mort dans leur foyer. Le sel est également utilisé lors des cérémonies de purification (oharai) dans les sanctuaires shinto. Cette tradition remonte à la mythologie fondatrice du Japon, quand Izanagi se purifia avec de l’eau de mer après son voyage au royaume des morts.

19. Le grand nettoyage du 31 décembre (osoji) — Purifier pour le Nouvel An

Au Japon, le grand ménage du 31 décembre est considéré comme un rituel de purification indispensable pour accueillir la nouvelle année sous de bons auspices. L’osoji (大掃除, littéralement « grand nettoyage ») consiste à nettoyer chaque recoin de la maison, du sol au plafond, pour éliminer la saleté physique et les impuretés spirituelles accumulées pendant l’année écoulée. Cette tradition trouve ses racines dans le shintoïsme, où la propreté est intimement liée à la pureté spirituelle. On nettoie les autels domestiques (kamidana et butsudan), on range les placards, on lave les vitres et on jette ce qui n’est plus nécessaire. Le but est de créer un espace vierge et purifié pour accueillir Toshigami-sama (年神様), le dieu du Nouvel An, qui visite chaque foyer pour apporter prospérité et bonne fortune. Les entreprises japonaises pratiquent également l’osoji collectif le dernier jour ouvré de l’année.

20. Les 1000 grues en origami (senbazuru) — Le vœu exaucé

Au Japon, plier 1000 grues en origami est considéré comme un acte sacré qui permet d’exaucer un vœu profond. Cette tradition, appelée « senbazuru » (千羽鶴, littéralement « mille grues »), trouve son origine dans la légende selon laquelle la grue (tsuru) vit mille ans. Plier mille grues revient donc à invoquer mille années de bénédiction divine. Les senbazuru sont souvent offerts aux personnes malades pour leur souhaiter la guérison, ou suspendus dans les temples pour formuler un vœu de paix ou de bonheur. L’histoire de Sadako Sasaki, une fillette d’Hiroshima atteinte de leucémie après la bombe atomique, a rendu cette tradition mondialement célèbre : elle a plié plus de mille grues depuis son lit d’hôpital en espérant guérir. Aujourd’hui, le mémorial de la paix d’Hiroshima reçoit des millions de senbazuru du monde entier chaque année.

En savoir plus : Les symboles japonais et leur signification

Questions fréquentes sur les superstitions japonaises

Quelle est la superstition japonaise la plus connue ?

La superstition du chiffre 4 (shi, 四) est la plus connue au Japon. Sa prononciation est identique au mot « mort » (死), ce qui explique l’absence de chambre 4 dans les hôpitaux et de 4e étage dans de nombreux immeubles japonais.

Pourquoi ne faut-il pas planter ses baguettes dans le riz au Japon ?

Planter ses baguettes verticalement dans le riz reproduit le rituel funéraire bouddhiste où l’on plante des bâtonnets d’encens dans un bol de riz offert au défunt. Ce geste est considéré comme un très mauvais présage à table.

Pourquoi les Japonais jettent-ils du sel après des funérailles ?

Le sel est l’agent purificateur principal du shintoïsme. Se jeter du sel sur les épaules après des funérailles empêche de ramener l’impureté de la mort dans son foyer. Les lutteurs de sumo utilisent également le sel pour purifier le ring.

Peut-on dormir la tête vers le nord au Japon ?

Non, c’est un tabou majeur. La position « kita makura » (tête au nord) est réservée aux défunts lors des veillées funèbres bouddhistes. Les Japonais orientent leur lit vers l’est (renouveau) ou le sud (vitalité).

Que signifie trouver une tige de thé qui flotte dans sa tasse ?

Une tige de thé qui flotte verticalement dans la tasse, appelée « chabashira » (pilier de thé), est un signe de bonne fortune au Japon. La tradition recommande de garder le secret pour ne pas perdre la chance.

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Théo M.

Écrit par

Théo M.

Passionné par le Japon et sa culture millénaire, Théo explore les traditions japonaises depuis plus de 10 ans. Il partage sur Univers Japonais ses découvertes et son expertise sur l'artisanat, la gastronomie et les coutumes nippones.

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